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Jour 1

mercredi 14 octobre 2009, par Samuel


J’ouvre la porte de la Gana’s guesthouse. Fred est devant moi, dans la cour, penché sur sa moto. Le soulagement est énorme. Y a même une pointe d’émotion. Je lâche mes cavalières, une brève accolade et… merde, ça fait plaisir de le voir. On discute quelques secondes, et on retourne chercher Katel et Phil qui attendaient un peu plus bas dans le chemin que je leur confirme que c’est bien ici. Après quelques allés et retours, nous sommes tous réunis. Lulu nous a rejoint. Tout le monde a l’air d’aller plutôt bien. Ça fait plaisir. On discute, on se raconte les derniers jours. Fred nous explique les trucs à savoir sur le coin. Tels que faire gaffe à son argent, surtout si on va au black market. J’ai pas le détail exact mais il semble que du temps ou la Mongolie était sous dominance russe/communiste, le marché était une place où l’on ne vendait que les biens autorisés par une instance probablement gouvernementale. Un producteur ne pouvait vendre ses fruits et légumes si il ne faisait pas partie de la coopérative ou un truc comme ça. Se tenait donc en parallèle un black market ou chacun vendait ce qu’il voulait. Depuis que la Mongolie n’est plus sous la dominance Russe, le black market est devenu le marché officiel. Mais le nom est resté. Comme partout dans le monde, on y trouve tout et n’importe quoi et on peut s’y faire détrousser en douceur mais aussi sûrement que 2 et 2 font 4. La consigne est donc claire. Si on va là-bas, pas de montres, pas de sac sur le dos, par d’argent dans les poches. Rien d’accessible. OK. En attendant, Fred et lulu nous montrent l’endroit ou on peut poser nos affaires. Pour ma part, je ne connaissais pas les guesthouse. En fait, c’est une maison d’hôte.
Celle ci est vraiment aménagée pour les touristes. Dortoirs, chambres, chambres individuelles avec douche. A l’étage, encore qq chambres, un coin avec 2 tables pour le petit déjeuner, un coin cuisine et on arrive sur le toit de la partie principale du bâtiment. C’est ici que nous dormirons. Il y a un espace avec du sable, des fois que quelqu’un voudrait planter sa tente, et 4 grandes yourtes. Enfin non, en Mongolie, on dit des Gher. Bon, ça ressemble vachement à une Yourte mais il paraît que la yourte, c’est au Kazakhstan. Nous avons la dernière Gher au fond à gauche. De là, on voit la rue en contre bas et les immeubles derrière. Je tiens la rambarde à 2 mains et je commence à me dire que cette fois, c’est sur, on n’est plus en France.


Dans la Gher, Fred et Lulu ont mis une sorte de banderole en papier cul sur laquelle est marqué ’JUST PACSED’. J’apprécie l’attention. Notre lit est juste en dessous et ça fait vraiment voyage de noce. C’est grand à l’intérieur d’une Gher. On peut se tenir debout presque partout. Il ne fait pas trop chaud. Il y a une petite table au milieu. Ça a l’air presque confortable. Moi qui ne suis pas fan du camping, je me sens à l’aise. On déballe notre bazar, on offre les cadeaux (bouquins, bouffe, pièces de rechange). Ça nous allège déjà pas mal. On discute de l’emploi du temps, des choses a faire, de ce qu’il reste à préparer avant de pouvoir partir. Dans les choses importantes, on doit :

- trouver 2 motos
- réparer le pneu du dr de lulu
- préparer les bagages
- acheter une carte de téléphone
- changer un peu d’argent
- aller voir Miat pour se faire rembourser les billets Pékin - UB

Un départ dimanche ou lundi serait pas mal.

En ce qui concerne les motos, Fred a 2 plans. Le premier, c’est de passer par le motoclub de Ulan Baator. Il est allé les voir, ils ont plusieurs motos de TT. Il a commencé à les brancher pour qu’ils nous rachètent les motos à Hovd et on se débrouillerai pour rentrer à Ulan Baator. ça a l’air pas mal comme plan. Faut juste remettre les choses dans leur contexte et se dire que, on va donner quelques milliers de dollars à des inconnus à 7050km de la gare de Bondy en misant sur leur bonne foi quand ils disent qu’ils reprendront les motos à 1500km a l’ouest (ça nous rapproche de Bondy mais quand même). On profite des bureaux de change du quartier pour changer quelques euros contre quelques milliers de Tugruk. La monnaie officielle. Puis, On va déjeuner dans un petit restaurant pas loin de la GH et on ira voir les motos après. Lulu nous fait goûter un truc bizarre. Une boisson à l’aloe verra. Pour ma part, j’ai jamais bu de lotion pour les mains et ce que je vois ne m’inspire pas des masses. Surtout qu’on dirait qu’il y a des morceaux qui flottent dedans. Mais en fait, c’est super bon. Le repas est pas mal. Du mouton, Katel a un peu de mal mais ça va. Cette ville est un peu space. Les communistes ont indéniablement laissé leur empreinte mais j’ai jamais vu autant de Hummer au km². Pour se déplacer à UB, c’est pas très compliqué. On se met sur le bord de la route, on lève le bras, un type s’arrête, on monte et on essaye de lui expliquer ou on veut aller. Il remet son compteur partiel à 0 et c’est parti à raison de 400T du km. A peu de choses près, 1000T = $1 = 0.65€. On peut payer en $ presque partout.

On arrive au motoclub. Pour résumer, c’est une sorte de parking avec une « maison » en dur. Juste une pièce avec un canapé, un bureau et des photos et posters de moto en wheeling. Le boss avec lequel Fred a déjà parlementé n’est pas là mais on peut quand même voir les motos. Il y a un 400 KLE et un 250 DR. On fait le tour des motos, on monte dessus, à 2 avec Katel. On teste les amortisseurs, les freins. Autant qu’on peut sans les démarrer. Le jeune qui tient la boutique finit par nous dire de repasser demain. En attendant, Fred a besoin de faire une modif sur sa béquille. Il cherche donc du tube et quelqu’un qui peut couper et souder. On enquille une rue et on passe devant une nana qui est assise devant un énorme tonneau jaune sur une remorque. Elle a l’air de vendre un truc à boire mais aucun de nous ne sait de quoi il retourne. Fred, en aventurier qui se respecte lui demande fièrement un verre. Elle lui tend un gobelet en plastique rempli d’une espèce de liquide marron qui pourrait ressembler à du ice tea en terme de couleur. Mais au goût rien à voir. Déjà, c’est frais. Étonnant vu la chaleur extérieure. Bien sur, il n’y a aucun réfrigérateur. C’est sucré aussi. Comme une sorte de jus de pruneau ou un truc comme ca. C’est pas mal quoi. Pis ça coûte pas cher et ça rafraîchit.

On entre dans une sorte de quincaillerie et Fred explique ce qu’il veut faire à un mec qui finit plus ou moins par comprendre et nous emmène de l’autre coté de la rue. Il y a plein de types qui ont l’air d’attendre. On est pris en main par un autre gars qui a vraiment l’air pas frais. Il nous fait monter dans un taxi et on part tous. Oui, 4 à l’arrière, ça ne gène personne. Qu’est ce qu’il pue ce taxi. Le conducteur finit par ouvrir les fenêtres on n’a un peu d’air mais c’est infecte quand même. Notre espèce de guide nous emmène vers l’extérieur de la ville. Nous on dirait des bidonvilles mais ici, c’est juste la continuité de la ville. Oue, elle est vraiment bizarre cette ville. Dans le centre, on n’a que des immeubles et quelques maisons. Certains bâtiments ont l’air à l’abandon et juste à coté sortent de terre des grandes tours de verre et d’acier qui n’ont rien à envier à celles des grandes villes comme New-York ou Hongkong. Autour de cette zone urbaine ’en dur’, il y a le reste de la ville, en Gher. Des milliers de personnes sont arrivés à UB pour s’installer. Comme ils ont une culture de nomades (Les Ghers mongoles sont classées au patrimoine mondiale de l’unesco), ils ont planté leur Gher en bordure de la ville, ils ont tracé des chemins et on se retrouve avec des endroits où, d’un coté, on a un immeuble et de l’autre, on a une route de terre bordée de Ghers. D’ailleurs, notre GH est comme ça, à 50m de la rue qui fait le tour de la ville. On commence à sérieusement s’enfoncer dans ces faubourgs labyrinthiques. On est déjà passés devant plusieurs ateliers à tout faire sans s’arrêter. Soit le gars veut faire lui même le boulot chez un de ses potes. Soit il nous éloigne suffisamment pour nous détrousser. Fred demande plusieurs fois à s’arrêter mais aucun des deux type n’a l’air d’accord. Il ouvre alors sa portière d’un coup, juste devant un poteau. Le chauffeur pile dans un réflexe pour sauver sa voiture et nous descendons tous. Ils n’ont pas l’air de comprendre pourquoi on veut s’arrêter là. Fred paie le taxi et on sort. Le type sort aussi essaie de nous convaincre de le suivre. Tiens, ca pue dehors maintenant… On s’en va. On sait pas trop où mais on s’en va. On a quand même pas mal avancé dans la banlieue. On marche et on finit par trouver une place, uns sorte de marché couvert. Il y a des voitures et on en trouve une qui nous ramène à la GH. C’est aussi simple que ça.


On décompresse un peu. La journée commence à être longue. Le soir arrive et c’est l’heure d’un petit apéro sur la terrasse. Champagne, camembert, saucisson et du thon mis en boite par Phil lui même !! on discute en regardant la ville. C’est chouette. En faisant la vaisselle, je m’ouvre le doigt sur le bord d’une boite de cacahuètes. C’est moins classe que de dire que c’était en sauvant une vie mais bon. Ça fait aventurier quand même. On va dîner au petit restaurant à coté. Le serveur nous sert les bières avec grande classe. 2 verres dans une main, 2 bouteilles dans l’autre et service simultané. Tout le monde applaudit. Lui, reste stoïque comme si il venait de taper un stopie de 20metres devant tout le monde au feu rouge. Surtout, ne pas se retourner. Il n’arrive juste pas à réprimer un petit haussement du coin de la bouche. Un petit coin de lèvre qui remonte et qui veut bien dire : « héhé la classe hein ?!! ». Oue, c’est classe. Il a assuré. Après le dîner, je fatigue mais c’est le cas de tout le monde. Une douche chaude et au lit. Je finis par m’endormir malgré les mecs qui gueulent un peu plus loin.

Cet article est repris du site http://www.katsam.fr/mongolie/Jour-...