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Jour 16

vendredi 13 novembre 2009, par Samuel

Aujourd’hui, on doit assister au climax de notre périple. La raison qui a motivé le où, le quand et une partie du pourquoi de notre voyage. Le mari de la nana du WWF arrive à notre hôtel dans un gros 4x4. Il s’appelle Bandihou. Il a trouvé un chauffeur et un véhicule pour nous emmener du coté de Duut, au sud de Hovd. On fait quelques courses avant de partir, de quoi grignoter et boire et c’est parti. Il faut compter quelques heures pour arriver à destination. La route est inexistante comme d’habitude. Je me dis que ce serait probablement mieux passé en moto. Phil de son coté n’a vraiment pas l’air convaincu par la voiture. Pendant le trajet, on discute un peu avec Bandihou. On arrive à peu près à se comprendre en anglais.

Nous arrivons enfin au lieu que nous avons choisi pour contempler l’éclipse. C’est entièrement entouré par des montagnes. Le village est calme. On discute un peu avec Bandihou qui nous propose d’aller un peu plus loin. On pourra manger là-bas et revenir ici après. On se regarde avec Katel et Phil. Ca nous semble pas mal comme idée. Ça tombe bien car ça nous branche moyen de manger ici. On reprend donc la voiture pour une petite heure. On passe par une source dont les eaux favorisent la digestion. C’est l’occasion de boire un coup. Un ou deux kilomètres plus loin, on arrive dans une sorte de centre de vacances dans les montagnes. Rapidement, nous comprenons qu’en fait, la femme de Bandihou et les deux femmes qui accompagnaient notre sauveteur à moto sont ici pour leur séminaire. Ça sent un peu le coup fourré. J’ai l’impression qu’on a payé la voiture qui permet à Bandihou de venir rejoindre sa femme. On mange tous ensemble. C’est convivial et agréable. Le lieu est effectivement un centre de vacances. Une sorte de colonie pour les gamins de la région. À la fin du repas, Bandihou nous propose de rester ici. Hum… ici ? On va rien voir ! Si si, il y a un chemin qui monte là-haut. La vue sera super. On se regarde… allons voir. On avisera la haut.

La marche n’est pas bien longue. En un petit quart d’heure nous atteignons le sommet du chemin. Et effectivement, le point de vue est pas mal du tout. Aussi bien sur le soleil que sur les montagnes alentours. Oue, ça le fait bien. On explique à Bandihou que ça nous va très bien. J’ai l’impression qu’il ne comprend pas vraiment ce qu’on fout là. Il sait bien qu’on veut voir l’éclipse mais ça a vraiment l’air de lui passer a 10’000 au dessus de la tête.


L’heure approche. L’heure précédée de seize jours d’aventure. Il y a quand même un manque. On n’est que trois. Normalement, Lulu doit être en train d’arriver à Hovd. Fred et Yuki sont quelque part mais on ne sait pas où. Je me dit juste qu’on doit être tous les six en train de regarder le même endroit du ciel. De là où nous sommes, l’éclipse devrait durer un peu plus d’une minute. On pose les appareils photos. On fait les réglages. Quelques photos du soleil à travers les lunettes achetées à paris. Encore quelques minutes et la lune va commencer à entamer le soleil. Bon, quand on n’est pas passionné du phénomène et de tout ce qui l’entoure, les moments les plus forts sont le premier contact et le moment ou la lune recouvre complètement le soleil. Après, on reste jusqu’au dernier contact pour la forme. Mais le plus intense est passé.

On est aux premières loges pour le premier contact. Ça fait quand même un petit truc. Surtout si on remet en face tout le chemin parcouru. Il ne reste plus qu’à attendre l’apogée. On jette un oeil de temps en temps. Le reste, on admire le paysage en discutant. On est en pente douce.

Il ne reste plus qu’un petit point de lumière. On y est presque. Plus on approche, plus la tension monte. Une gentille tension d’excitation. Encore quelques secondes et on y est… Allez… voilà… Ça y est !! C’est chouette d’être à l’autre bout du monde pour voir ça. Ça fait un peu bobo ou un truc comme ça. Certes… Au moins, je me dis qu’on n’est pas venus ici directement en avion. Ni même en 4x4 avec chauffeur. Tout n’est pas perdu pour nous. C’est le moment de canarder avec les appareils photos. Ici, l’éclipse totale ne durera que 1 minute et 20 secondes. C’est peu. Alors, on en profite. Mais déjà, le premier point de soleil apparaît sur la droite. Non, pas déjà. Allez, encore un peu, s’il te plaît…


Rien a faire, le soleil et la lune n’en font qu’à leur tête. Encore quelques photos pour la forme. Je me retourne et je regarde l’énorme rocher qui est derrière nous. J’appelle Katel et Phil : « hé regardez !! ». Sur le plat du rocher, ça fait comme des ondulations. Comme si la lumière du soleil passait a travers une fumée. C’est super beau et ça ne dure que quelques secondes. On finit de remballer nos affaires et on redescend vers la colonie de vacances. Quand on arrive en bas, plusieurs personnes sont en train de regarder la fin de l’éclipse en se passant un bout de verre fumé au feu de bois. On leur prête nos lunettes histoire qu’ils ne deviennent pas aveugles aujourd’hui. Ceux qui ne regardent pas l’éclipse profitent d’un autre spectacle. Une espèce de soap à la tv. Un Santa barbara asiatique très lent qu’ils ont l’air d’adorer. Nous, on attend. Notre chauffeur est en train de finir de se torcher à la vodka. Vu qu’il a l’air bien rodé, ça prend du temps. On attend une heure au moins. Enfin, il est prêt. Guilleret, sans plus. Le temps pour tout le monde de se dire au revoir et on reprend la voiture. Il y a deux bonnes heures de routes pour rentrer.

On profite du trajet de retour pour discuter. Le chauffeur ne parle pas beaucoup anglais mais Bandihou fait l’interprète. On rigole bien. On fait une petite pause auprès d’une rivière histoire de casser une petite graine. Le chauffeur est une sorte de chauffeur professionnel. Pas juste un pote qui dépanne pour la journée. Parfois, il va chercher des voitures à l’étranger et les convoie dans d’autres pays. On parle aussi des loups qui rodent dans la région. Ou des marmottes qui servent de repas aux gens de la région. La marmotte est une espèce protégée et Bandihou nous promet qu’il n’en mange plus. Si sa femme savait ça, elle qui bosse au WWF, ca ne serait pas bon pour lui. C’est dommage. C’est super bon la marmotte. En tous cas, celle qu’il a mangé hier était délicieuse… oups…

On remballe à nouveau nos petites affaires et on y retourne. L’heure est bien avancée et il fait nuit tôt dans la région. On croise une voiture dans une montée. Elle est arrêtée au milieu de la montée. Comme ça, avec un ou deux gars qui attendent à côté alors que deux autres sont a quinze mètres, un a gauche, un a droite. Tous les deux en train de chier plus ou moins dans les buissons. Plutôt moins en fait. Ils nous regardent passer et nous, on les regarde chier. Un peu incrédules. Mais tout est normal. le chauffeur klaxonne. On continue à discuter puis on chante des chansons de nos pays respectifs. Bandihou est timide. Nous, on chante la marseillaise. Le choix n’est peut être pas fameux. Puis, ils nous apprennent à dire des mots en mongole alors que nous leur en apprenons des français. Le chauffeur demande comment on dit ’I love you’. Une fois qu’il a appris à le dire en français, il se met a gueuler dans la voiture : « KATEL, JE T’AIME !!!! KATEL, JE T’AIME !!!! » On se marre bien. On s’arrête, on se déshabille tous et… nan, je déconne. Mais on se marre bien quand même. Le chauffeur bourrine autant qu’il peut alors qu’on n’y voit pas a cinquante mètres et enfin, nous arrivons à Hovd. Lulu est là. On mange un morceau avec elle. Elle a rencontré une nana avec qui elle partage une chambre. À Altaï, elle a trouvé une voiture pour l’amener jusqu’à la frontière. En fait, non, il n’y avait plus aucune voiture à Altaï. Toutes ont été réservées par des touristes pour aller sur les lieux de l’éclipse. Mais, grâce à un touriste qui avait quelques contacts dans la région, le chef (?) de la région lui a loué pour pas trop cher sa voiture et son chauffeur personnels. La moto est en pièces à l’arrière, Le chauffeur a emmené son fils pour lui faire voir du pays. Ils vont jusqu’à la frontière puis retour. Normalement, Fred et Lulu ont une assurance pour ce genre de pépins. Une assurance mondiale qui permet de faire un rapatriement ou de continuer le voyage jusqu’au prochain pays. Mais ils n’ont personne en Mongolie. Alors ils ont dit à Lulu de se débrouiller et qu’ils lui rembourseraient les frais si c’est pas trop cher. Sympa l’assurance. Lulu a pu voir l’éclipse depuis Hovd. trois secondes… Demain matin, elle repart pour le nord. Nous, demain, on doit vendre les motos.

Cet article est repris du site http://www.katsam.fr/mongolie/Jour-...