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Jour 17

dimanche 15 novembre 2009, par Samuel

Aujourd’hui, nos objectifs sont de trouver un moyen de rentrer à UB et de revendre les motos. Lulu s’est levée tôt car elle a de la route. Nous nous disons au revoir et lui souhaitons bon courage pour al suite.

On commence par aller faire un tour au black market. Il est tôt et tout n’est pas encore ouvert mais au fur et à mesure de notre balade, le lieu prend vie. Nous attendons en particulier l’ouverture du bureau des annonces. Un petit bureau avec un gros mégaphone dans lequel toute la journée, l’opératrice lit les annonces passées par les gens moyennant une dizaine de tugruks. Avec un petit coup de main d’un guide qui passait par là, nous arrivons à expliquer que nous cherchons un camion ou une jeep pour rentrer à UB. On verra si ça donne quelque chose. Je trouve l’idée assez sympathique. On va aussi faire un tour à la « bus station ». Pour le coup, c’est vraiment moins cher. De l’ordre de 35000T. Dans les vingt cinq euros. Temps de trajet habituel. 2Jours. Non stop. Il paraît que quand tu arrives, tu est juste mort. Le black market est un endroit vraiment étonnant. L’agencement semble être globalement le même quelle que soit la ville. Un ’quartier’ mécanique, un autre pour les restaurants, un autre pour les fruits et légumes, un autre pour les vêtements, etc. Celui ci est plus grand que celui de Altaï. Il y a une grande salle de billard. Enfin, une salle… disons plutôt un emplacement avec des tentures pour protéger un peu la trentaine de billards de la pluie et du soleil. C’est étonnant que le billard soient aussi présents ici. C’est une sorte de sport national. J’ai vu des photos où les mecs ont dressé une table de billard au milieu de nulle part lors d’une fête quelconque. Comme d’autres jouent aux cartes. C’est juste un peu plus encombrant. Au Kenya aussi, j’avais vu des tables de billard dressées sur le bord de la route.


Quand nous rentrons, mon téléphone sonne. C’est une femme qui parle anglais et qui nous explique que son mari a un camion et qu’il peut nous ramener. Il peut passer tout de suite nous montrer le camion. Ça nous va. Le temps d’arriver à l’hôtel, ils sont là. Ça me tente bien. C’est pas super donné. Dans les 150’000 T par personne. Durée de trajet, deux ou trois jours. Si pas de panne… oue, ça me tente bien mais je crois qu’on a fait le plein d’aventure là. Accessoirement, on espère encore trouver des billets d’avion pas chers.

C’est l’heure de retrouver notre acheteur des motos. C’est le père de celui qui nous les a vendues à UB. J’espère juste que la négociation ne sera pas trop dure. Le bas moteur du KLE est cassé mais je sais très bien comment ils vont réparer. Un coup de soudure et hop. Le type est là. Avec un camion. On se salue. 3 jeunes filles qui passaient plus ou moins par là sont interpellées pour faire office d’interprète et on appelle le vendeur/acheteur à UB. On a sorti les motos du box ou elles dormaient. Le père les inspecte en parlant avec son fils. Ce dernier veut entendre le bruit du moteur du KLE. J’ai beau dire que sans huile, il ne faut pas faire tourner le moteur, il veut quand même entendre. Juste un petit coup. Ok. Un petit coup. Enfin, le verdict tombe. Prix de vente à UB : $6000 pour les 2. Prix de rachat prévu si en bon état à Hovd : $4000. Prix proposé : $2500. La vache… On essaie de négocier un peu. C’est pas facile. Entre les demoiselles profs d’anglais qui nous servent d’interprètes, le père qui est là et qui en remet une couche de temps en temps et le mec qu’est a 1500km de là… Le DR250 avait été acheté $2500 et devait être revendu si bon état (ce qui est le cas) $1500. Mais il ne nous en propose que $1300. Rapidement, le deuxième couperet tombe. Ce mec est un vrai rasoir bilame et a décider de nous raser de près : « soit on est d’accord sur le prix soit vous gardez les motos ». Bon bah je crois que tout est dit… on n’a pas vraiment le choix en fait. Il sait très bien qu’on ne trouvera pas d’acheteur ici à un bon prix. Il sait aussi qu’on doit se dépêcher de rentrer… que mierda…

Katel revient de sa promenade urbaine. Elle nous apprend qu’elle a trouvé un avion pour rentrer. Pas cher. Il lui faut juste du cash car les problèmes d’informatiques font qu’il est difficile d’avoir le taux de change officiel… Pas de problème, on devrait bientôt avoir un peu moins de 3’000’000 T en poche. Nos visiteurs repartent. Nous remercions les demoiselles qui avaient quand même parfois l’air un peu gênées quand elles nous faisaient les traductions. Le père de l’acheteur reviendra en début d’après midi pour nous donner l’argent. Katel nous donne un peu plus de détails. Elle était dans une banque, à la recherche d’une agence aérienne, quand elle a entendu son nom. Elle se retourne, c’était Bandihou. Elle lui explique qu’elle cherche des billets pour UB. Vu qu’il bosse dans une compagnie aérienne, il lui propose de monter dans son bureau. Passe quelques coups de fil, finis par trouver des billets mais fait la grimace. C’est cher… Prix du retour proposé par HorseBack Adventures : $600 par personne. Prix du retour trouvé par Bandihou : $217 par personne. « Ok I take it » dit Katel avec le sourire et un super accent Français. Elle est belle l’affaire. On a perdu pas mal d’argent sur les motos mais on se rattrape bien sur les billets. On va même essayer de se rattraper encore un peu plus. J’ai un peu de mal à convaincre Phil. Faut dire que la dernière fois que je lui ai proposé un plan chelou, on s’est retrouvés plantés dans le désert… Je veux juste siphonner les réservoirs des motos et revendre l’essence. Phil est vraiment dubitatif. C’est pas vraiment pour l’argent qu’on va gagner mais je ne veux pas laisser les réservoirs presque pleins au type qui rachète les motos. Après quelques essais infructueux pour me faire comprendre, je croise une guide qui parle un peu anglais dans le hall de l’hôtel et je lui demande de bien vouloir écrire en Mongol sur la page de garde de mon bouquin que je vend quelques litres de super à moitié prix. Une fois le texte écrit, j’arrête les gens dans la rue a proximité de l’hôtel et je le leur montre. Les deux premiers ne sont pas intéressés mais rapidement, deux autres disent ok. Ils viennent avec leur bidon et on transvase. Le père de l’acheteur choisit ce moment pour arriver. Ça tombe bien. Comme ça, les choses seront claires. On récupère notre argent et il charge les motos dans son camion avec ses collègues pendant qu’on les regarde. Sans bouger bien sur. Une bonne chose de faite. Katel revient de la compagnie aérienne. Elle n’a pu acheter qu’un billet pour le moment mais les deux autres nous attendront à l’aéroport ce soir. La nana de l’agence voulait garder nos passeports. Devant la grimace de Katel, Bandihou à négocié un peu et Katel a pu récupérer un billet et deux passeports. On repassera ce soir à l’aéroport avec tout le liquide pour payer les billets manquants.


Le soir arrive et après être rentrés de l’aéroport, nous allons dîner avec Bandihou dans un petit restaurant un peu classe et super bon. C’est l’occasion de discuter un peu plus de la vie ici. Bandihou préfère être dans une maison en dur, ne serait-ce que pour l’eau courante et les toilettes. Il nous écrit des mots en langue traditionnelle Mongole. On parle de la situation politique de la Mongolie. Deux jours avant notre arrivée dans le pays, il y a eu des émeutes et quelques morts à UB suite à l’élection du parti communiste au gouvernement. Ça nous a mis en confiance. On parle aussi de la Chine et de la Russie qui lorgnent sur les ressources minières du pays. C’est une soirée vraiment sympa sans faux semblants. Après le dîner, nous allons faire un petit tour. Passage par une superette ou il me glisse à l’oreille juste avant d’entrer : « here, very nice girls ». héhé coquin le Bandihou !

Cet article est repris du site http://www.katsam.fr/mongolie/Jour-...