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Jour 8

mercredi 28 octobre 2009, par Samuel


Y a pas à dire, elle est belle la vie. Surtout aujourd’hui. Il fait beau, le panorama est super et on a même un grand lac pour se laver. Ça nous changera des lingettes. J’en ai marre d’avoir tout le corps qui sent la fesse de bébé. Les enfants nous rejoignent et accompagnent Katel et Lulu au bain. De là où nous avons dormi, Je peux voir Lulu faire quelques longueurs pendant que Katel se lave dans l’immense baignoire :). Alors que les filles remontent, Phil et moi nous préparons. Ca me fait envie. Je me vois déjà faire aussi quelques longueurs. Miam. On commence à descendre, on croise les filles. Elles ont l’air contentes. C’est donc hyper motivé que j’arrive au bord de l’eau. Je retire mes chaussures et mon pantalon et me prépare à me tremper. J’y vais doucement quand même. Histoire de tâter la température. Rho l’arnaque ! La publicité mensongère ! De loin, je voyais 2 naïades patauger mais une fois sur place, il faut se rendre à l’évidence. Les pingouins sont forts en déguisements. C’est plus froid que la banquise !! Bon, c’est des Bretonnes mais quand même ! J’ai à peine le temps de tourner la tête pour prévenir Phil que je le vois avancer dans l’eau comme si de rien n’était. Bon, lui, ça ne compte pas, c’est l’homme du Limousin. Merde ! Je crois que je suis une lopette :(. Transi, je me décide enfin à me laver. Mais hors de question de m’immerger. Je me met donc sur le bord et j’entreprends de me savonner intégralement en utilisant le moins d’eau possible. Juste une exception pour la tête. Ça va, je ne suis pas trop frileux de la tête. Je la mouille bien et je shampooine. Ça va changer du shampooing sec qu’on utilise à peu près tous les 2 jours. Voilà, je suis tout propre. Recouvert de savon, je n’ai plus qu’à… me rincer… rha, mais je peux pas faire ca sans eau !!! Quelle misère ! J’ai l’impression d’être bleu de haut en bas tellement j’ai froid. Une fois sec, ça va nettement mieux. Phil me dit « t’aurais du venir. Elle était fraîche mais elle était bonne ! » oue oue oue. C’est ça…

On retourne au campement pour ranger les tentes et tout le reste. Les enfants sont toujours là. Ils nous aident. Ils ont probablement pas mal l’habitude de bouger. Les geste sont les mêmes. Plier, rouler, ranger. Puis nous reprenons la route.


La route est toujours aussi belle. Vers midi, nous nous arrêtons dans un troquet pour grignoter un morceau. C’est une sorte de relais routier. Devant la porte d’entrée, il y a une sorte de grand lit. Les voyageurs rentrent, s’allongent sur cette grande estrade et se reposent un peu en buvant un thé avant de repartir. A coté, il y a une unique grande table où nous nous installons. La cuisinière ne doit pas avoir l’habitude de faire des plats pour cinq grands gaillards comme nous. Un peu prise de cours, il lui faut une bonne heure pour nous faire un plat de pâtes au mouton. En attendant, on boit du thé et on mange du yaourt mongol. Alors, oubliez les yaourts brassés au goût bulgare. Le yaourt mongol est juste sublime. Katel commence à maîtriser le mongol. Elle sais dire un truc qui ressemble à « mer cruic » qui veut dire « sans viande ». Vu qu’elle n’aime pas le mouton et qu’ici, il n’y a que ça à manger…

Cette pause nous redonne la pêche et nous reprenons la route. Devant nous, deux 4x4 roulent assez vite sur la piste déglinguée. Je ne sais pas trop ce qui nous prend mais une sorte de course se lance. Objectif ? Passer les 4x4 qui avoinent. Fred et Lulu passent sans trop de problèmes. Derrière, c’est un peu plus flou. Phil a un peu plus de mal avec son 250. Quant à nous, c’est juste impossible. À deux sur le KLE, on arrive difficilement à accrocher le quatre-vingt. La moto talonne à la moindre bosse et sur la piste, il y a pas mal de tôle ondulée. Je passe au moins vingt minutes juste derrière les deux voitures à essayer de les doubler et à bouffer du sable. Dès que ça tourne un peu, je les remonte mais dans les lignes droites, elles reprennent de l’avance. Je n’en peux plus. A force de rester dans leur nuage de poussière, j’ai la gorge desséchée. Je décroche et prend mes distances. Il ne sert à rien de forcer. Je n’ai pas suffisamment confiance et avec Katel derrière, ce serait trop con de risquer l’accident. Je me remet a mon rythme et on verra. Quelques kilomètres plus loin, tout le monde s’est arrêté et on fait une pause salvatrice. Alors que nous allons repartir, un nuage de poussière s’approche. C’est une moto. Elle s’arrête à côté de nous. Elle retire son casque. C’est juste Yukiko. Une amie Japonaise de Fred et Lulu. Il était plus ou moins prévu qu’elle nous rejoigne quelque part en Mongolie. C’est grand la Mongolie. Et ça se fait tout simplement, sans rendez vous au milieu de rien. Yukiko vient du Japon. Elle en est partie quasiment en même temps que Fred et Lulu. Yukiko va en Amérique du sud. Yukiko roule seule avec 50kg d’équipement. Yukiko a décidé de passer par la route. Yukiko va jusqu’en Afrique du sud ou elle prendra le bateau. Yukiko est impressionnante.


Après ces présentations, nous reprenons la route. L’après midi est déjà bien avancée et il ne faut pas tarder si nous voulons trouver un endroit sympa où dormir. Encore une poignée de kilomètres et on fait une nouvelle pause. La route nous fatigue bien. Quelques instants après nous être arrêtés, nous sommes rejoints par 3 mongols. Deux à vélo et l’autre à cheval. On fait connaissance comme on peut. Ils regardent les motos, les pneus. Ce que les autres ont écrit. Quand ils reconnaissent des phrases en Mongol, ils sont tout content. Le cavalier monte sur la moto de Fred. Il est tout content. Ses potes ont l’air de le chambrer. Ou de l’envier. Quand il redescend, le rituel veut qu’il propose à Fred d’essayer sa monture. Le cheval mongol est assez petit et Fred est assez grand. Les étriers sont bas et ça se conduit debout. Mais Fred est plus grand qu’un Mongol et sur leur cheval, on dirait un playmobil sur un cheval lego. C’est à mon tour de le chambrer. Et de l’envier un peu quand même.

C’est pas le tout mais il nous faut repartir. On doit dégoter quelque part où dormir ce soir. Nous finissons par trouver une rivière qui ferait un bon endroit. C’est calme et la proximité de l’eau est un plus. On s’approche pour voir a quoi ça ressemble. À peine sommes nous arrêtés que des nuées de petits moucherons blancs nous submergent. On en a partout. Au début, on se dit que c’est gérable. Mais rapidement, on revient sur notre idée. Non, ce ne sera pas gérable. On dirait que l’air est saturé de moucherons. C’est incroyable (mais vrai !). On décide donc d’aller plus loin. De rouler encore un peu. Quelques kilomètres plus loin, on trouve une autre rivière et celle ci semble nettement moins fréquentée par les insectes. On s’installe en poussant un peu les crottes de moutons. On va être bien là. Pendant le dîner, Yukiko sort ses ustensiles de cuisine. C’est à croire qu’elle a réussi a faire rentrer tout une camionnette dans ses sacs. Elle a par exemple, plusieurs planches à découper. Katel, Phil et moi sommes impressionnés. On dirait qu’elle a le sac de sport billy.

Pendant le dîner, Phil, l’homme du limousin qui se baigne par -4°, essaie de dire quelque chose. Il parle d’hier. « Quand on roulait, c’était vraiment beau. On est arrivé en haut de cette colline et derrière, tout était verdoyant. Avec tout ces troupeaux qui paissaient, c’était paisible. On aurait dit la vallée perdue des dinosaures… ». Phil, mon ami, je t’aime.

Cet article est repris du site http://www.katsam.fr/mongolie/Jour-...