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Texte Zombi n°3

L’amour

dimanche 30 juin 2013, par Samuel

Achille !! Je crois que c’est là que ça a commencé. Je n’étais pas encore né que j’aurais du me douter que cette vie serait triste et banale à faire peur. J’ai vu le jour le 8 novembre dans la nuit. Le lendemain, me fut attribué le prénom peu judicieux d’ Achille. Peu judicieux en effet car le simple choix d’un autre prénom m’aurait peut être évité un destin tragique.

Bon sang que le ciel était bleu et clair pour une matinée d’octobre. Paris était encore dans la torpeur suivant les nuits agitées du samedi. Seuls les oiseaux, assez frais et dispos pour chanter dès l’aube égayaient les arbres couleur rouille. Je marchais tranquillement à des milliers d’années lumière de toutes choses connues ; Tellement léger que ce n’est qu’après l’avoir bousculée que j’entrepris de réatterrir. Je ne l’avais même pas entendu débouler de ma gauche ; chargée de dossiers et de sacs ; le menton soutenu par un exemplaire du Cours de Linguistique Générale. Par ma maladresse, j’avais désormais tout à ramasser. Elle s’affairait déjà à rassembler toutes les feuilles volantes. Ca y était, j’avais les deux pieds sur terre et je ne tenais plus à redécoller. Cette magnifique jeune femme dansait devant moi en essayant de réunir les feuilles éparpillées un peu partout. Je n’osais plus bouger de peur que le moindre de mes mouvements ne dissipe cette merveilleuse ballerine. Ses longs cheveux bruns voletaient autour d’elle. Il parait que la chance ne frappe qu’une fois. C’est pourquoi je décidai de ne pas la laisser passer. J’essayai de réunir tout le courage que j’avais en moi. En trois pas, j’étais près d’elle. Elle se retourna et se figea ; me regardant droit dans les yeux, des yeux si étranges, si captivant. Elle se mit à sourire quand je lui dis que j’étais vraiment confus et que de toute façon, le CLG était mieux dans le caniveau. Bien que mon regard soit rivé au sien, j’avais l’impression de la voir en entier. C’était le moment ou jamais.

- " pour me faire pardonner, je peux peut-être vous inviter à dîner ce soir ?

- " Je ne sais pas ; essayez toujours.

- " Alors je me jette ! vous êtes libres ce soir ?

- " A 8 heures sous la tour Eiffel ?

- " Je ne manquerai ça pour rien au monde.

Je devais avoir le même sourire qu’a un petit enfant dans un magasin de jouet ; sur que rien au monde ne peut lui arriver de mieux.

Je crois que depuis ce jour béni où j’ai percuté Alice, le soleil a enfin percé la couche de nuage gris de ma routine. En fait, c’est elle mon rayon de soleil. Dès que je suis avec elle, la terre peut bien s’arrêter de tourner, les immeubles s’écrouler ou tous les gens mourir autour de nous tant qu’ils ne font pas trop de bruit. J’ai l’impression que mes yeux sont deux longues vues braquées sur son corps. Je pensais qu’il était impossible d’éprouver un Amour aussi fort ; peut-être même trop fort. Et pourtant ! Avec elle, j’ai un but dans la vie : la rendre heureuse et pour cela, tous les moyens honorables sont bons. Je me dois de la contenter sans la lasser, de l’idolâtrer sans la blesser, de l’aimer infiniment tout en sachant prendre les rennes au moment adéquat, diriger fermement pour lui montrer que je ne suis pas végétatif sans toutes fois être brutal. Je dois l’aider à affronter et à comprendre ses craintes et ses désirs. je dois pouvoir lui parler librement et l’écouter avec attention. Enfin, mon attention ne doit se porter que sur elle. Je crois que c’est à peu près ça aimer une femme. Et j’aime Alice. Bien que le mot me semble maintenant trop faible. Le seul fait de serrer son corps fragile contre moi et pour moi la meilleure cure au moindre de mes maux. Ce soir là, je l’avais invitée dans un restaurant indien adorable. L’idée me venait d’un film. J’espérais qu’elle ne l’avait pas vu. C’est elle qui venait me chercher. Légèrement en avance, elle était vêtue d’une façon extraordinaire : robe noire serrée à point et suffisamment ouverte dans le dos. Comme si elle voulait que cette soirée soit la plus belle de sa vie. Je lui dis que j’étais prêt et que nous pouvions y aller et je l’embrassai en la poussant dehors mais elle poussa plus fort et je me retrouvai dans l’appartement. Elle ferma la porte derrière nous. Mes lèvres quittèrent les siennes.

- " On peut pas rester ici un peu ? J’ai soif !

Son parfum m’enivrait. J’allai lui chercher un verre. Champagne, coca-cola ? J’optais pour le Champagne. Pourquoi pas aujourd’hui ? Quand je revins, elle s’était assise dans un fauteuil et avait retiré ses chaussures. Sa robe noire soulignait sa silhouette et ses longs cheveux bruns tombaient en cascade sur ses épaules. Je lui tendis le verre. Elle en but une gorgée et fit passer sa langue sur ses lèvres. Je m’approchai pour l’embrasser, me mit à genoux devant elle. Elle glissa ses jambes dans mon dos et m’attira plus près. Notre baiser se fit ardent. Je mis mes deux mains sur ses joues puis je les laissais glisser le long de son cou, sur ses épaules, sur ses bras, sur sa taille, les hanches, les cuisses. J’en remontai une vers sa nuque alors que l’autre, maintenant sur ses reins, l’attirai encore plus près de moi. Un orchestre rock aurait pu jouer un morceau à fond les ballons à côté de moi que je ne l’aurai pas entendu. Dans ma tête, ne raisonnait qu’une douce mélodie dont le rythme était marqué par le battement de nos deux coeurs. Nous n’avions jamais fait l’Amour mais nos gestes semblaient être ceux qui convenaient exactement à l’autre ; comme si nous agissions par transmission de pensée. Doucement, je me relevai, l’entraînant avec moi. Nous dansions sans que notre étreinte n’ait cessée un seul instant. Mes mains revinrent sur son cou puis redescendirent sur ses épaules
emmenant les bretelles de la robe dans leur mouvement. Celle-ci tomba à ses pieds. En dessous, une dentelle à faire frémir les arbres me jetait des coups d’oeil charmeurs. Je me saoulais de son corps. Je pouvais enfin la goûter, la sentir et la ressentir. Nous dansions encore quand notre baiser cessa. Je l’embrassai alors sur les joues, dans le cou, sur les épaules alors que mes mains caressaient son dos. Doucement, je continuai de la déshabiller. Ses seins m’apparurent dans toute leur splendeur. Je les couvrais à leur tour de voluptueux baisers mais mes lèvres étaient irrésistiblement attirées par les siennes auxquelles je revins rapidement. Nos corps brûlants semblaient ne jamais vouloir se séparer. Je la pris dans mes bras et nous allongeâmes sur l’épais tapis qui ornait le salon. Je retirai mon pull avec hâte. Ce jour serait effectivement le plus beau de sa vie. J’y veillai. Mes mains couraient sur son corps comme des plumes caressant les touches d’un piano. Nous fûmes rapidement entièrement déshabillés et notre étreinte était si puissante qu’il me semblait que nous allions fondre l’un dans l’autre. Je n’agissais plus qu’avec l’objectif de lui faire oublier le goût amer de la routine. Pour que, pendant quelques secondes, son corps soit en harmonie avec le mouvement des étoiles et des marées. Pour que, pendant une fraction d’éternité, alors que l’univers s’ouvrirai devant ses yeux dans un simple bruissement de feuille, le sol se déroberai sous son corps. Pour avoir procuré cette joie intense et indéfinissable, à cette femme que j’aime, pour cela j’existe. Elle se mit à pleurer, semblant perdue derrière ses paupières closes. Je la pris dans mes et lui chuchotais des paroles douces à l’oreille. Agitée de spasmes, elle tremblait. Elle rit, recommença à pleurer, à rire. Elle finit par s’en rendre compte et se remit à pleurer de ne rien pouvoir contrôler. Ma voix se fit encore plus douce. J’essayai de la rassurer, de la réconforter. Elle finit par réouvrir les yeux. Son sourire semblait gravé sur son visage. Elle se blottit dans mes bras. On a parlé pendant des heures et refait l’Amour plusieurs fois. Chacune étant meilleure que la précédente. Enfin, elle s’endormit avec l’arrivée de l’aube. La tête sur mon torse ; son corps encore brûlant à moitié allongé sur le mien. Je pouvais voir le soleil se lever sur paris tout en lui caressant les cheveux. Ce jour là, j’ai enfin compris ce que signifiait "faire l’Amour". C’est faire tout son possible pour que l’être aimé perde pied, pour que la réalité ne soit de pour lui que de l’abstrait aussi longtemps que possible. C’est donner, se donner à fond sans penser à soi mais uniquement à l’autre. Et je pense que cet acte profite plus à l’homme qu’à la femme car Alice a peut-être cru qu’elle jouait aux billes avec les étoiles et qu’elle pouvait boire l’océan d’une seule gorgée mais moi, je me nourris du bonheur que je lui procure. Rien de physique ne pourra me rendre un jour plus heureux que de la voir pleurer alors qu’elle essaie de retrouver le chemin vers la terre. Je ne tardais pas à m’endormir.

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